L’injection de plasma riche en plaquettes (PRP) en médecine du sport

  • Auteur: le docteur Jean-Pascal Dupuis, médecin à Olympe Santé Sport
  • Catégorie: Médecine du sport

Le plasma riche en plaquettes ou PRP est un procédé utilisé dans la phase de réparation cellulaire et de cicatrisation. Ce traitement est devenu une technique courante pour améliorer la récupération des sportifs et leur permettre de retrouver la compétition plus rapidement.

Depuis plusieurs années, la thérapie PRP est utilisée en Europe et aux États-Unis dans le traitement cellulaire et la cicatrisation. Elle consiste à prélever du sang chez un patient, qui est ensuite centrifugé afin de séparer les plaquettes des autres éléments (comme les globules rouges et blancs) puis réinjecté localement. En cinq minutes, la centrifugation permet d’augmenter la concentration des plaquettes et des facteurs de croissance de plus de 500 %. Les plaquettes concentrées sont réinjectées dans la zone pathologique où elles libèrent des facteurs de croissance, qui permettent la cicatrisation des tissus lésés en stimulant les cellules souches locales et en réduisant l’inflammation et l’hémorragie. Ce traitement est de plus en plus utilisé en médecine du sport, notamment depuis 2011 et son autorisation par l’AMA, l’Agence mondiale antidopage.

Comment se déroule une injection de PRP ?

Le traitement par plasma riche en plaquettes commence, non par une injection, mais par une prise de sang classique. Le médecin prélève entre 15 et 30 ml de sang au patient en fonction des systèmes de prélèvement et de centrifugation qu’il va utiliser. Le sang est ensuite centrifugé afin de ne conserver que le sérum contenant les plaquettes, appelé « concentré plaquettaire ». Le volume récupéré dépend à la fois du volume de sang prélevé et du système utilisé pour la centrifugation.

L’injection de PRP est effectuée dans un deuxième temps. Dans certains cas, celle-ci peut être guidée sous radiographie (radioscopie) ou sous échographie. Le PRP doit être injecté dans les minutes qui suivent la centrifugation. Généralement, les plaquettes s’activent seules au contact des tissus ; sinon, le médecin peut utiliser un activateur. Selon les dernières études, 95 % des plaquettes s’activent dans la première heure. Leur diffusion dépasse peu les limites de la lésion, d’où l’intérêt d’une infiltration échoguidée précise. Quelle que soit la technique utilisée, il faut éviter que les plaquettes puissent s’activer avant d’avoir été injectées dans le tissu lésé. La région de l’injection n’est pas anesthésiée, de manière à ne pas entraver l’activation plaquettaire. De même, toute prise d’anti-inflammatoires est déconseillée avant l’injection.

Il est également conseillé d’éviter les anti-inflammatoires après l’injection, pendant au moins un mois, afin de ne pas perturber la réaction inflammatoire naturelle du PRP. Des antalgiques peuvent, cependant, être autorisés. Le nombre d’injections – généralement de une à trois, séparées d’un mois – est variable selon les résultats. Une réaction inflammatoire avec une douleur modérée est possible pendant une semaine.

Des protéines facteurs de croissance

Le concentré plaquettaire autologue (lorsque le donneur et le receveur sont identiques) permet d’accélérer le processus de cicatrisation. Ce phénomène est rendu possible grâce à la douzaine de facteurs de croissance essentiels issus des plaquettes sanguines.

  • Le platelet-derived growth factor (PDGF), par exemple, amorce la guérison des tissus conjonctifs, augmente la mitogenèse, l’angiogenèse et l’activation macrophage.
  • Le vascular endothelial growth factor (VEGF) possède un puissant angiogénique augmentant les activités mitogéniques et la perméabilité vasculaire.
  • Le transforming growth factor beta (TGF-beta) augmente la chémotaxis et la mitogenèse et stimule la position de collagène.
  • L’epidermal growth factor (EGF) incite le développement épithélial et augmente l’angiogenèse.

Toutes ces protéines améliorent la cicatrisation des tissus tels que les tendons, mais aussi les ménisques, les cartilages, les os ou encore la coiffe des rotateurs de l’épaule.

Les prescriptions de thérapie PRP

L’injection de PRP stimule les cellules souches et entraîne la réparation des lésions. Elle est une option thérapeutique pour de nombreuses pathologies, en cas d’échec d’un traitement chirurgical ou encore pour réduire la période postopératoire. Les pathologies orthopédiques traitées par la thérapie PRP sont les suivantes :

  • l’arthrose du genou, lorsque l’on observe un phénomène d’exclusion des cellules souches, ou encore en association avec les cellules souches ;
  • les arthroses de la hanche, de l’épaule, de la cheville ou d’autres articulations ;
  • les tendinites chroniques d’Achille, du coude, du tendon rotulien, etc. ;
  • les lésions musculaires ;
  • les lésions méniscales ;
  • les déchirures de ligaments comme la rupture du LCA (ligament croisé antérieur) ;
  • l’aponévrosite plantaire.

Les contre-indications et les risques

  • Trouble de l’hémostase et maladie des plaquettes.
  • Infection ou tumeur de voisinage.
  • Proximité d’un axe vasculo-nerveux.

Existe-t-il des risques liés à l’injection de plasma riche en plaquettes ? Malgré le faible nombre d’études réalisées, aucun effet indésirable n’a été observé.